« Je m’efforce de perpétuer l’art de la correspondance, mais ce qui me touche le plus, c’est l’importance du partage entre jésuites, amis et personnes rencontrées en chemin. Découvrir le travail et le ministère de l’autre, se réjouir de son succès, prier pour lui quand il traverse des épreuves, et partager mes espoirs, mes rêves et mes difficultés. »
Il terminera son programme d’études supérieures en migration internationale et réfugiés à l’Université de Georgetown et continuera à travailler avec le Service jésuite des réfugiés.
Baccalauréat en service extérieur, Georgetown University; maîtrise en philosophie, Universidad Antonio Ruiz de Montoya ; licence en théologie, Facultés Loyola Paris
La correspondance. C'est vraiment fascinant ! On attribue à saint Ignace plus de 6 700 lettres adressées à des jésuites, des bienfaiteurs, des dirigeants ecclésiastiques et des personnes en quête de direction spirituelle. Le ton et le contenu de ces lettres sont très variés : cela va des encouragements apostoliques aux questions de gouvernance, en passant par l'accompagnement spirituel.
Ce qui me frappe le plus, c'est la façon dont cette correspondance a nourri le dynamisme de la Compagnie de Jésus en unissant les jésuites dispersés à travers le monde autour d'une mission commune. Ces lettres ont contribué à maintenir un sentiment d'appartenance, l’union des esprits et des cœurs, en dépit des distances physiques et de la diversité des activités apostoliques.
Je m’efforce de perpétuer l'art de la correspondance, mais ce qui me touche le plus, c'est l'importance du partage entre jésuites, amis et personnes rencontrées en chemin. Découvrir le travail et le ministère de l’autre, se réjouir de son succès, prier pour lui quand il traverse des épreuves, et partager mes espoirs, mes rêves et mes difficultés. Tout cela pour rester uni de cœur et d'esprit à tous ceux qui participent à la mission commune.
Alors que ma régence au Soudan du Sud touchait à sa fin, mes amis réfugiés ont organisé un match de football en guise de remerciement pour les trois années passées avec eux. Je ne suis pas un sportif particulièrement doué, ni un grand connaisseur, mais j'aimais passer les fins d'après-midi après le travail à regarder les matchs de football avec mes amis réfugiés.
À la fin du match, les joueurs et les dirigeants de la communauté m'ont invité chez eux. Assis en cercle, ils ont tour à tour exprimé leur gratitude pour mon travail et pour le soutien indéfectible du Service jésuite des réfugiés. Ce qui m'a le plus marqué, cependant, ce sont les paroles d'un ancien. Il m'a remercié d'aimer son peuple : d’être venu passer du temps chez eux, partager leurs repas, jouer avec leurs enfants, écouter leurs histoires et leurs rêves, et travailler avec eux pour une vie plus digne.